Partir ou pas partir ?
Je suis souvent désarçonnée par la mentalité métropolitaine en ce qui concerne la famille. Il m’arrive de tomber très souvent sur des gens qui se refusent à l’idée de s’éloigner de plus de 10 km de leurs parents. Serions-nous entourés de Tanguy en puissance ?
J’ai aussi des amis qui sont partis mais à qui leurs mères font du chantage affectif, en leur demandant une fois par jour de venir s’installer dans la maison d’à côté. Pourtant ils vivent en France, et seulement 5 heures de train les séparent. Alors que nous, ce sont 22 000 km qui nous séparent. Ces parents sont-ils si peu intéressés par le bonheur et l’épanouissement de leurs enfants ?
On peut aimer sa famille, et continuer à vivre sa vie, non ? J’adore mes parents, je pense souvent à eux, et aux repas que maman pourrait me faire….cependant, il nous reste des expériences à vivre ici, nous avons un travail, une vie bien à nous. Les parents normaux ont eux aussi une vie bien à eux, et même une deuxième vie après le départ du cocon familial de leur progéniture. Beaucoup de parents vivent ce départ comme une libération après un laps de temps de déprime. Ils peuvent de nouveau vivre comme un couple, et non comme des parents, se trimballer à poil à toute heure, dormir jusqu’à 11h sans penser à veiller au bien être du petit dernier, faire l’amour à toute heure sans craindre d’être surpris, et surtout ils peuvent enfin penser à eux. La maman redevient une femme, le papa redevient un homme. Et peu importe où se trouve le petit, car s’il est heureux, ils le sont aussi. D’autres au contraire le vivent très mal, car ils ont oublié ce que c’est d’être égoïste et de ne penser qu’à soi. D’autres encore divorcent car le seul maillon qui les reliait les a quitté. Certains enfants s’incrustent, alors que leurs parents désespèrent de réussir un jour à les virer.
Pour les enfants, partir est le début de l’apprentissage de la vie, le plus tôt on part, le plus vite on apprend à évoluer dans un monde plein d’embûches. On découvre enfin une certaine indépendance, on apprend à explorer nos limites, à commettre nos propres erreurs et à en tirer les leçons. Des gens que je côtoie ici ne s’imaginent pas passer un seul dimanche sans manger avec leurs parents, et refusent des invitations pour cette raison ; ils sont totalement allergiques à l’idée de déménager d’Evry pour aller à Paris comme si une heure de trajet était le bout du monde. Quand on parle de partir vraiment loin, je peux éventuellement comprendre, mais pas quand on vit à si peu de distance.
Tout cela m’échappe, et j’aimerais qu’on m’explique. Ces gens ont-ils l’intention de se marier avec leurs parents ? Refuseront-ils de suivre leur conjoint s’il est muté dans la ville d’à côté ? Et quand leurs parents ne seront plus là, ne seront-ils pas passé à côté d’une partie de leur vie ? Et ces parents qui retiennent leurs enfants, ne se sentiront-ils jamais coupables d’avoir ainsi privé leurs enfants d’expériences enrichissantes au profit de leur bien être personnel ?
Par annelise ;-), Lundi 24 Juillet 2006 à 17:55 GMT+2 dans Réflexion du jour (article, RSS)








